N°3 : imaginer un avenir

Après 3 ans d’études, j’ère entre mes projets professionnels à la recherche d’une réponse ou d’une envie. Je les égraine les uns après les autres. Pour rapidement me dire, avec la résiliation de ma jeunesse, qu’ils sont tous irréalisables.

Je constate, et presque avec dépit, que personne autour de moi n’a confiance en l’avenir. Ou plutôt si, qu’on compte sur lui pour nous dicter notre voix. Je revois mes choix à la baisse. J’essaie d’établir mes priorités en fonction de la puissance de ma fénéantise ou de ma crainte de l’échec. Je mesure l’effort que je suis prête à fournir pour aboutir à une stabilité et faire « un choix professionnel ».

Il y a cette désagréable impression que toute une génération a été touchée par le gène de la comédie. Comme si nous envisagions notre vie pour de mauvaises raisons, ou sous la lumière des mauvais jours. Je remarque au fil de discussions avec des amis, que l’on en revient toujours au même point. Le même sentiment omniprésent de saturation. Saturation de ces gens qui se donnent en spectacle en permanence. Trop plein d’Instagram et de Facebook qui recensent nos sorties du mois dernier. Blazés de la dernière soirée en boite où l’on a croisé « intel », un ami d’enfance qui ne nous salue plus depuis qu’il roule en Mini.

Les choix d’avenir se font en fonction de l’attention que la société nous portera. Nous nous imaginons « utiles », parce que tout travailleur qui n’est pas nécessaire, ne sera pas. Alors on pense comme un vieux (pardonnez l’expression) ; on cherche les filières qui marchent… Longue pénitence. Mais l’orientation professionnelle est bien particulière ces temps-ci. En découle la haine d’une horde d’étudiants à l’encontre des conseillères d’orientation.

A la recherche de la reconnaissance perdue, je vois mes amis s’imaginer adultes. Qui sera là pour nous féliciter ? Ou juste pour nous apprécier à notre juste valeur. Stagne la peur d’être normal ou simplement de passer inaperçu. Alors que des profils extravertis se dessinent dans notre avenir, je crains que nous ne voyions la stabilité et le calme comme un échec. Le bouleversement et la nouveauté semblent être des critères de réussite. Pour trouver un projet, je me demande si notre mission est de progresser sans arrêt et de réinventer les normes.

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