Depuis le 13 novembre…

Bien sûr, nous savons que cela pourra se reproduire. Témoins de la peur instillée dans nos esprits, ces instants suspendus qui nous rongent les sangs. Lorsque l’on ne sait plus qui craindre, qui croire… Lorsque les portes du métro se referment et que le temps d’une station semble incompressible.

Je n’ai pas la prétention de ne pas comprendre ceux qui se méfient. Je peux vivre, bouger, respirer et travailler chaque jour, mais n’ai sûrement pas l’audace de penser que notre résistance républicaine ne connaît pas de doute.

Vous me dites que Paris est plus fort que cela, que la France a le courage nécessaire pour ne céder à aucune pression. Vous me dites que la culture est une arme de destruction de massive.

Consciente d’être pleine d’impuissance face à une menace de mort, il est difficile de se savoir « cible », de se dire que quelqu’un nous juge dans toute notre ignominie, suffisamment pour organiser notre destruction.

Née en France au début des années 90, je n’ai connu des guerres que celles dans d’autres pays. De génocides, que ceux des autres nations, des autres cultures. Mes amis n’ont pas fait le service militaire, nous n’avons consacré qu’une seule journée de notre vie au service civique. J’ignore tout des armes, de leur utilisation.

Née au début des années 90, il m’est difficile d’admettre que nous ne serons pas cette « génération sans guerre », à laquelle mes parents ont sincèrement cru.

Depuis vendredi, les rues de la ville ont changé, quelque chose de neuf est en train d’arriver. Depuis vendredi, chaque ambulance a une musique particulière et notre Président est soudain devenu chef de guerre. Rapidement, il reconstitue une armée et nous redécouvrons le sens même d’une force militaire.

Nos défenseurs,  nos attaquants, nos soldats : ils sont une fierté et pourtant, ils me rappellent que nous ne sommes pas invincibles. Le réveil, violent, m’a fait réaliser à quel point l’insouciance est une faveur. Depuis cette nuit-là, le monde entier a sommé la France d’incarner les valeurs d’un monde laïque et multiculturel.

Il m’a semblé alors, que vivre, c’est avoir le courage de s’en remettre au hasard des autres.

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